Mariusz Navratil : La Matrice Révolution, par Andréa Rodin

« SOFTWARE FOR NEW TECHNOLOGIES« 

Chaque artiste se retrouve parfois malgré lui, comme le porte-parole de son propre contexte sociétal. 

Les techno-sciences sont au mieux perçues comme utiles, mais à l’inverse beaucoup s’insurgent, ce seraient elles qui gouvernent de plus en plus nos vies dans une société qui cherche à éliminer l’irrationnel en nous en gommant les irrégularités, en éradiquant les comportements « hors norme ».

Les technologies numériques ont envahi notre quotidien. Nous ne réalisons pas à quel point elles nous rendent dépendants d’elles, façonnant jusqu’à nos comportements, notre pensée, nos manières d’être. 

Ces outils étaient censés nous faire gagner du temps, nous rendre plus efficaces et nous libérer en facilitant la communication dans une société en flux permanents. 

Mais depuis une décennie, un malaise parcours nos sociétés. Il se manifeste par un sentiment généralisé de perte de valeurs et de repères, par une épidémie de dépressions.

Comme la conséquence d’une fuite en avant du progrès technologique Mariusz Navratil nous abreuve d’images : preuve de cette nouvelle perception d’un temps qui nous échappe. 

La consommation d’images et leur usage modifient progressivement notre subjectivité. 

La perception sensible est remplacée par un impératif d’innovation. 

Innovation que l’on aperçoit logiquement dans les pièces systémiques et spasmodiques des œuvres de Mariusz Navratil. L’impact de ces séries nous rappellent les programmes ambitieux lancés au niveau mondial autour de la même idée : « Soyez vous même, comme les autres »

Etonnamment, ou peut-être justement, le travail de l’artiste  suit ce décloisonnement. Il y a du choix dans toutes ses oeuvres qui ont la même sonorité mais rarement la même même tonalité.

L’extrême miniaturisation de l’électronique et de l’explosion consécutive à cela, Mariusz Navratil  la porte comme un emblème.  

Il y a du séquençage de génome humain dans ses oeuvres. Ne soyons pas étonnés, dans une mouvance post-libertaire, les oeuvres de Mariusz Navratil ont une donnée philosophique très nette : des carrés à n’en plus finir représentent en eux-même s transhumanisme artistique qui fait ressurgir des ambitions que l’on pensait pourtant peu concevable. 

Visionnaire est désormais un métier difficile mais, le plasticien  Mariusz Navratil nous montre que nous sommes tous un peu allumés mais globalement inoffensifs, ce qui n’est pas bon signe. 

Frôlant la catharsis, ses oeuvres à n’en plus finir résonnent dans se rêve incompréhensible mais tenace qu’est l’immortalité.

Mariusz Navratil, fidèle à son modus operandi iconographique, façonne un monde de biotechnologies, robotiques, où le sombre tranche avec les nanotechnologies parfois quelques fragments d’humains qui n’ont d’autre choix que de fusionner. Comme un pantographe au service de l’Art, Mariusz Navratil inlassablement nous révèle la suprématie des technologies.

On y trouve une incarnation artistique tel un Manifeste du high-tech humain, face au gigantesque piège dans lequel les grandes firmes nous enferment. 

Artiste de son temps où tout est technologie, hormis l’humain qui n’en demeure pas moins son point d’origine.

Publié par collectifmonarchs

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