Thibault Tourmente : Au temps à nouveau, des souvenirs oubliés

Certains artistes peuvent « voir à travers », ce n’est pas un don du ciel mais une approche sensorielle. Ce qu’un profane ne voit pas, l’artiste lui, ne le voit pas non plus, il le pressent. Thibault Tourmente est de ces artistes dont la fonction humaine nous est primordiale.À partir de fragments de vie, l’artiste crée des arrangements originaux où d’autres fragments apparaissent : les figures se mêlent à des volutes qui peuvent tout autant être des monuments majeurs, à des fossiles prouvant que nous ne sommes pas éternels, ou bien à une feuille de cerisier japonais.

Dans les œuvres de Thibault Tourmente l’eurythmie est grandiose: en détournant le réel, il nous le donne mieux à voir. Quand mémoire collective et vision personnelle s’entrechoquent, chaque collage laisse voir son éclat baigné d’intemporalité.Multirécidiviste de la recherche, l’artiste autodidacte propose des collages d’une surprenante beauté architecturale.

La genèse de son travail est encore plus intéressante que l’oeuvre qui en résulte. Au commencement, sa pratique lui vient du travail de Dash Snow et un phénomène de sérendipité vient clore le processus. En voulant revenir à l’objet, Thibault Tourmente a ce quelque chose de touchant, comme un enfant qui tombe sur une boîte en fer contenant un dé, trois petits soldats de plomb cassés et rouillés et des photographies usées de personnes qu’il ne connaît pas. Cette boîte, il l’appellera « Trésor ». Il sait que ce n’est pas à lui mais, désormais , c’est à lui.

Magie de l’appropriation.

Si l’on cherche ardemment un trésor, comme ces hommes en quête de sarcophages, d’or et d’éternité, l’issue est assez surprenante : Beaucoup de cas recensent une déception : en trouvant ce que l’on cherche, il n’ y a plus rien à chercher.Aussi, Thibault ne recherche pas de trésors, il les trouve. Par des déambulations, à partir de livres qui se seraient perdus dans le Temps, dans des archives oubliées. En sortant les images de son contexte, un processus de création s’opère, l’adage « ex nihilo nihil fit » , prend ici tout son sens.

Une nouvelle sémantique visuelle saupoudrée de dialogue voit le jour : l’artiste cherche la rencontre et tout est de nouveau sophistiqué, nostalgique, plus ogival que jamais. Les vieux livres d’images deviennent des poésies de choses oubliées.Bien que ce soit une modalité récurrente dans le collage, les séries de Thibault explorent tout particulièrement le caractère éphémère de l’existence, vous verrez des mains, des crânes, des radiographies… car l’omniprésence du corps humain est presque un modus operandi iconographique pour l’artiste. Des végétaux aux statues antiques dont on ne sait plus qui est qui, mais qui, l’espace d’un instant, redeviennent ces êtres illustres qu’ils pouvaient être jadis. Des cornes d’abaque, des toques ducales, des hourdages, des êtres vivants, des guillochis, des âmes par centaines, des fonds baptismaux : tout ce qui a un jour été, se métamorphose désormais dans un perpétuel recommencement.

Une nouvelle sémantique visuelle saupoudrée de dialogue voit le jour : l’artiste cherche la rencontre et tout est de nouveau sophistiqué, nostalgique, plus ogival que jamais. Les vieux livres d’images deviennent des poésies de choses oubliées.Bien que ce soit une modalité récurrente dans le collage, les séries de Thibault explorent tout particulièrement le caractère éphémère de l’existence, vous verrez des mains, des crânes, des radiographies… car l’omniprésence du corps humain est presque un modus operandi iconographique pour l’artiste. Des végétaux aux statues antiques dont on ne sait plus qui est qui, mais qui, l’espace d’un instant, redeviennent ces êtres illustres qu’ils pouvaient être jadis. Des cornes d’abaque, des toques ducales, des hourdages, des êtres vivants, des guillochis, des âmes par centaines, des fonds baptismaux : tout ce qui a un jour été, se métamorphose désormais dans un perpétuel recommencement.

L’artiste tire de ce qu’il a glané ici et là, des constructions comme une Tour de Babel de ce que l’autre ne veut plus. Tous les éléments récoltés précieusement, en vue d’une utilisation future, montrent que ce n’est pas tant leur provenance qui compte mais ce qu’il en adviendra : des histoires dont on ne connaît ni le début ni le dénouement.Cela est à l’image de notre humanité dont la fin inéluctable nous pousse à transmettre, et sans vouloir figer l’instant, instinctivement, nous incite à laisser une trace de notre passage : « Mystère Principiel » , disait Annick de Souzenelle. Il s’agit de ce désir insensé qui veut qu’à défaut d’avoir été quelqu’un d’utile à ce monde, nous y avons créé quelque chose.

Publié par collectifmonarchs

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