La toute-puissance de la satisfaction, par Florence Bridenne

Nous n’avons que faire de ces analyses esthétiques, de la technicité, du niveau académique, d’un peintre. Happés nous devons l’être part l’immédiateté. Le ressenti c’est l’observateur. Or dans les peintures cadrées et allongées de Piotr Bukowski, ce peintre polonais, nous y resterons aussi longtemps que le temps nous le dictera. Spinoza disait si justement, par l’art, le créateur persévère dans son être, il se réjouit d’un instant. Dans les peintures de Piotr Bukowski la présence humaine est sous-entendu, évidente mais discrète. Mais comme un instinct primaire, ils faut explorer, allons n’importe où mais allons partout. 

Sans bruit si possible. 

Mais ce serait évincé le sujet, lourd de sens aujourd’hui qu’est la toute puissance de la Nature. Si puissante que nous n’osons pas toujours la défiée, nous, grande humanité nous voici à peine suggérée. Et même devant la grandiloquence du milieu : forêt, monts, lacs, elle nous sort de cet enfermement sur nous-même contre lequel nous luttons. Le peintre nous suggère de ne plus se fuir les uns contre d’autres. Les peintures de Piotr Bukowski traite le sujet délicat de l’osmose par la satisfaction du calme comme une recherche d’absolue. Une satisfaction jubilatoire où êtres humains peuvent cohabiter, où l’un peut protéger et l’autre peut défendre. 

Dans notre monde moderne l’omniprésence rend  ces symbioses difficiles. Et nous ne souhaitons pas tout partir dans une Walden en solitaire. 

Le peintre propose un equal foot : Face à ce ce monde émondé, la Nature y sera omniprésente, car c’est ce qu’elle doit être; et l’Homme y sera comme il se doit, à sa place d’Homme. Chaque crises nous rappellent que notre non-présence ne changera à l’échelle cosmique, absolument rien. Alors à quoi bon ? La Nature semble mieux sans nous; et pourtant : nous avons l’Art, nous avons la Psychanalyse du feu et nous avons la Conscience. Marquer sa présence ou l’effacée ? Cette obsession de la lumière demeure en nous, bien ancré dans nos ADN : car s’en sortir, c’est retrouver la lumière. Et les tableaux de Piotr Bukowski sont des lumières.

Certains prônent celle de leur foyer chéri, d’autres prémonitoires annoncent la pluie ou l’orage, les heures où les montagnes millénaires du Vaucluse de Cézanne s’entremêlent avec harmonie aux paradoxaux éclairages imaginaires de Magritte.

Dans les tableaux de Piotr Bukowski, la Nature sculpte ce que la lumière inonde. Chaque tonalité de l’œuvre vit au son des éléments qui l’entoure. C’est satisfaisant de voir une tranquillité possible, au précipice de l’utopie. Mais ce monde chimérique existe quelque part et nous nous devons de modifier les équilibres de ce monde trop instable. Restons optimistes, comme dans les oeuvre Piotr Bukowski, quelque chose nous est toujours familier : une maison. On recherche aujourd’hui une présence humaine, une chaleur dont nous saisissons plus que jamais l’intérêt, même à peine perceptible, elle nous submerge tandis que nous la rêvons encore.

Les oeuvres de Piotr c’est la volupté de la satisfaction, c’est croire en un futur où humains et Nature cohabitent. L’homme n’est pas si sage que l’art, dans les peintures d’un monde idéalisé, annexé par la stérilité et du vide, le peintre nous rappelle que le chemin à parcourir sera long.





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