Fabrice Cazenave : Le questionnement comme Fondation

Danseur d’origine, Fabrice Cazenave pose un regard sur un monde où les questions sont perpétuelles. Le questionnement comme moteur permet d’élaborer des protocoles qui lui permettent de déconstruire le réel pour en chercher le fonctionnement.

Son corps étant au centre de sa démarche, il se dégage de ses oeuvres aux multiples médiums une constante oscillation, de l’intérieur vers l’extérieur, du signifiant au signifié et parfois de l’âme vers la pensée.En proposant une vision du monde en connection avec la Nature, il décloisonne les limites du rationnel et de l’irrationnel et nous interroge sur la perception que nous en avons.Comme une inter-pénétration, il y a d’expériences en expériences, des va et vient qui se créent, reviennent, dans un mouvement perpétuel. Comme pour guérir d’un traumatisme, il est parfois important de revenir sur l’origine du trouble.

Fabrice Cazenave dans sa démarche en fait de même. Agissant comme un flux continu et physiologique – car il s’agit encore du corps – il décompose en sensations un état ou un instant. A sa manière, l’artiste élabore une cartographie de l’intangible, de l’inaudible pour que les empreintes deviennent vestiges.Cette vision où tous les sens sont mis à l’épreuve nous montre la symbiose quasi mystique que nous avons avec la nature, de telle sorte que nous pouvons la ressentir avec toute sa conscience. Comme le son d’une couleur que l’on verrait dans son âme ou écouter les yeux fermés quel goût pourrait avoir le tonnerre.Au carrefour des interactions du psychisme, l’humain tend naturellement à ne pas percevoir la multitude dont il fait partie.

Perdu dans ces grands espaces où l’esprit humain pourrait prendre la simple définition de concept biologique, Fabrice Cazenave tente à travers son travail un acte de communion avec la nature, un acte de révélation, en lien avec le temps, l’espace, le mouvement… et le vivant qui nous entoure.Le potentiel artistique de la nature fait de l’artiste un messager, mais en est-il digne ?

Nous qui vivons sans savoir-vivre et agissant sans savoir-être. Gainsbourg dirait qu’il y a de la décadence à se prétendre digne de quoi que ce soit par rapport à n’importe quelle autre espèce.L’artiste, dans ses oeuvres aux supports multiples nous dépeint une réalité solennelle , cultivée par nos errances et retenant de la danse le prétexte que tout n’est que mouvement ou non-mouvement, que des lois inexorables nous rassurent face à la divine fatalité des choses.

Ainsi Fabrice Cazenave propose un livre des sensations en y apportant un grand terreau d’érudition vécue où tout peut se convertir en substance dans l’algèbre abyssal du mystère de la vie.

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